De l’intérêt de la presse…mais pas de n’importe quelle presse

28102009

Un ami me racontait récemment combien, étudiant à Paris au début des années 80, il lui était difficile de faire preuve d'assiduité à la fac. Quotidiennement, pendant que ses camarades suivaient régulièrement leurs cours et prenaient notes, lui, alignait les petits boulots pour faire face à un quotidien pas toujours très facile. Cette année là, il préparait sa maîtrise de sciences politiques dans une université de la région parisienne. Personne n'aurait misé sur sa réussite. Cela était tout simplement impensable. Il était à l'université ce que l'éclipse est au ciel…un phénomène rare.

Non pas que sa volonté s'était volatilisée. Il connaissait son programme. Il avait acheté quelques manuels de base. Certains camarades lui faisaient des copies des notes prises pendant les cours magistraux. Mais tout cela était-il suffisant pour l'aider à solder ses comptes avec le second cycle de l'Université? 

Et bien figurez-vous qu'il finit par la décrocher, cette fameuse maîtrise, sans quasiment avoir jamais fréquenté les bancs des hamphithéâtres de son univesité.

Cet ami, si vous lui demandez aujourd'hui comment cela fut possible, il vous répondra que ses enseignements, il les a puisé dans les colonnes du quotidien LE MONDE, entre deux stations de métro. Plus qu'un journal, Le Monde était une institution, un guide…un phare qui aide à mieux repérer la côte lorsque les temps sont brumeux…et une école aussi. C'est à travers ses lectures que cet ami a apprivoisé les rudiments de la sociologie politique et du droit constitutionnel. D'autres y ont puisé leur inspiration politique à l'occasion d'une échéance électorale. D'autres encore y ont attrapé la fibre écologique.

Un bon journal est un journal qui fait sienne cette ambition éthique. Un bon journal est aussi un journal qui vit, sous le signe de la responsabilité, dans la conviction qu'il est un acteur majeur de la dynamique d'émancipation de la société.

Tout cela pour dire que c'est de ce genre de presse que nous devons rêver… pas d'une presse paresseuse, passant le plus clair de son temps à surveiller par le trou des serrures ce qui se passe dans l'intimité des chaumières. Cette presse là présente le double inconvénient de n'intéresser que les voyeurs et de ne rien apporter au débat. Ce n'est pas ce qu'on y lit qui nous aidera à élargir le spectre de notre culture générale. Non, jamais personne n'a bâti l'avenir en faisant du ragot l'essentiel de son fonds de commerce.     




SOS pour un logement à Toulouse

14082009

La démarche n'est peut-être pas habituelle mais je tente l'aventure quand même. Après qu'il vit ses ailes pousser, l'oisillon qui jusque là partageait mon nid s'apprête à prendre son propre envol. Il a choisi, pour la première étape de cette grande aventure, de se poser à Toulouse pour la clémence de son climat et la douceur de ses violettes. Là-bas, il souhaiterait savoir s'il existe un arbre dont l'une des branches pourrait accueillir son nouveau nid. Les temps étant ce qu'ils sont, un petit studio meublé situé au coeur de la ville, non loin de la place du Capitole, suffirait à son bonheur.

Merci donc à celles et à ceux qui me font l'amabilité de passer parfois par ici de m'aider dans cette recherche. Tous vos tuyaux, conseils et recommandations seront les bienvenus et soyez-en remerciés à l'avance. Je pense ici aux blogueurs qui, à l'image d'Eva Baila, connaissent l'hexagone du bout des doigts … sauriez-vous me donner une ficelle à ce sujet. 

Ah, si seulement comme l'on dit, le hasard pouvait bien faire les choses. 

    




Mère courage et plein d’amour

10082009

Maire-Laure Picat dont la médiatisation de la maladie, à l’automne dernier, avait émue le monde entier est décédée hier, à l’âge de 36 ans. Atteinte d'un cancer du foie, cette jeune femme avait alors fait preuve d’un courage sans limite pour se lancer dans un combat inédit : obtenir le droit de choisir elle-même une famille d'accueil pour ses quatre enfants, âgés entre 2 et 11 ans. Elle souhaitait plus que tout obtenir la garantie, qu’avant de mourir, ses enfants soient placés et vivent ensemble dans une même une famille. Cela, disait-elle, lui permettrait de partir tranquille. La jeune maman « courage »  souhaitait que ses quatre enfants puissent continuer de vivre comme à la maison, garder leur école, le judo, leurs copains, leurs parrains et marraines … plutôt que de se trouver brutalement exposés aux pires déchirures après sa mort.

Quelques mois plus tôt, se sachant condamnée, elle avait convenu avec le conjoint dont elle est séparée de vendre la voiture qu’ils possédaient alors et cela, pour faire le plein de cadeaux à leurs quatre enfants. Cela lui semblait d’autant plus important que cette année là elle allait célébrer les dernières fêtes de Noël de son existence.  Sans commentaires. 




L’héroïsme à l’heure de la société de communication

4082009

Ils se prennent pour les héros des temps modernes. Du fond de leur fauteuil douillet, confortablement installés, ils dénoncent les misères que le monde inflige aux plus vulnérables de ses habitants. Ils sont véhéments. Leur propos est assuré. La vérité sort de leur bouche. Point de place au doute dans leur propos.

Leur esprit de synthèse est impressionnant. Leur culture est  encyclopédique. Ils maîtrisent tout autant la science d’établir un diagnostic, sur quelque sujet que ce soit, que le génie de proposer un traitement. Leur science est infuse. Ils sont les héros des temps modernes. Il suffirait, à n’en pas douter, de leur confier le monde pour qu’ils le transforment en un véritable paradis. Point de doute à ce sujet.

Ces héros des temps modernes n’ont nul besoin de se déplacer sur l’un des terrains traditionnels de la confrontation des idées pour faire preuve de leur témérité et de leur bravoure. Du fond de leur fauteuil, dans leur appartement cossu de Londres, de Madrid ou de Bruxelles, ils trouvent généreusement le temps de compatir activement à toutes ces causes qui leur tiennent à cœur et qui les tourmentent.

Leur arme fatale, le clavier de leur ordinateur portable. Leur force de frappe, la possibilité, par la magie de la science et de la technique, de se transporter, sans même quitter leur fauteuil, jusque chez vous, le temps d’une nano-seconde. Alors, les yeux rivés sur le compteur de visites, ils mesurent, évidemment désintéressés, l’effet produit par leurs cyber-actes de gloire.

Maintenant, à bien y penser, l’on pourrait se demander si cette forme moderne du militantisme relève sincèrement d’une volonté consciente d’agir sur le cours de certains évènements ou bien, si au contraire, elle n’est pas l’expression d’une position inconsciente puisée dans la lecture de ces contes et légendes si chers aux enfants que tout un chacun a été un jour. « Miroir, miroir, dis-moi … ».




Pauvre humanité

10072009

Le monde est ainsi fait que ses habitants en sont les ennemis les plus féroces. Tellement féroces qu'ils arrivent à en oublier la beauté naturelle de la planète qui les accueille et qui leur offre, avec une générosité infinie, tout ce qui leur permet de couler des jours plus ou moins paisibles. Or, pour la remercier, ils l'agressent. Ils s'acharnent sur elle et participent, comme pris de folie furieuse, à la dégradation de cet environnement pourtant si généreux. Insidieusement, sournoisement, cyniquement, ils creusent alors inéluctablement les tombes où seront enterrés leurs enfants. L'égoïsme des hommes est pendémique. Plus que la plus ravageuse des grippes qu'ait connu l'histoire, cet égoïsme là, un jour, sera forcément fatal à l'humanité.

Petit, le dimanche à midi, avec mes parents nous avions pour habitude de manger de l'alose. Rien que de m'en souvenir et d'en parler, l'eau me vient encore à la bouche. Ce poisson là, aujourd'hui, il n'existe plus qu'en photo dans les livres. L'alose a disparu et même si l'on essayait de repeupler les rivières en y réintroduisant des espèces proches venues d'ailleurs, cette alose là n'aura jamais le goût de celles de mon enfance.

Pire encore est le mal que les hommes se font les uns aux autres, partant de ce même égoïsme qui fait que chacun essaie d'élagir son espace vital au risque de voir se réduire celui de son voisin à une peau de chagrin. En cela, la compassion à l'égard des faibles est une hypocrisie. Tout au moins, elle ne sert quasiment à rien. Compatir ne coûte rien et ne soulage en rien la misère de ceux dont l'espace vital se réduit au point de les exposer à un véritable risque d'asphyxie.

Tout cela pour dire que les moeurs politiques contemporaines offrent un bien triste tableau. Face aux risques qui pèsent sur la planète et aux malheurs qui frappents des millions de malheureux, les calculs sont de courte vue. Nulle lueur d'espoir à l'horizon. Mais quoi de plus normal dans ce système que d'aucuns qualifient du moins pire au monde et où tout peut être demandé à un candidat au pouvoir sauf qu'il soit visionnaire, courageux et désintéressé … et qu'il n'ait pour unique préoccupation que le souci de préparer un monde meilleur aux générations futurs. Serait-ce donc là le véritable coût de la démocratie ?