La « protestocratie » ou le modèle de l’impasse en politique.

20022012

Le monde arabe est sens dessus dessous. La rue a fini par prendre le pouvoir. Les manifestations massives et souvent réprimées dans le sang ont fini par venir à bout de régimes dictatoriaux considérés jusque là comme indéboulonnables. La Tunisie, puis l’Egypte, la Lybie et le Yémen sont tombés. Qui l’eût cru ? Mais c’est oublier que trop de misère et de confinement durable des peuples dans un statut de sujets dépourvus de droits économiques, culturels et sociaux ne pouvaient raisonnablement laisser présager d’autre issue que celles-là. La fin de l’histoire était facile à prédire. L’issue était inéluctable.

Lorsque la liberté est réduite à sa plus simple expression, lorsque la misère est profonde et que les inégalités sociales sont criantes, lorsque le désordre économique est érigé en système de gouvernance, lorsque la justice est défaillante, que l’administration est rongée par la corruption et que la classe politique agit plus dans une logique de gestion de fonds de commerce que dans un souci éthique de représentation et de défense des intérêts des citoyens alors, de toute évidence, la fin  ne peut raisonnablement être qu’inévitable.

Aujourd’hui, la Tunisie, l’Egypte, la Lybie et le Yémen se sont débarrassés de leurs dirigeants despotes. Pour autant, qu’ont donc apporté de palpable ces révolutions printanières aux populations de ces pays, du moins à celles et à ceux d’entre elles qui portent la marque des blessures profondes infligées par les régimes déchues ? Et passé l’enthousiasme provoqué par l’image éphémère d’un tyran prenant la fuite ou d’un autre se faisant massacrer par ceux-là même qu’ils dirigeaient de mains de fer, quel bénéfice concret ces peuples tirent-ils désormais de « l’ordre » nouvellement établi ?

Alors qu’ici et là, on fête déjà le premier anniversaire de la révolution, on ne peut qu’être marqué de voir que sur le terrain, plus d’une année après, en Tunisie, en Egypte, en Lybie et au Yémen, la situation politique et sociale reste confuse et, plus grave encore, les économies sont à genoux. Les plaies semblent tellement ouvertes et les moyens à mettre en œuvre pour redresser tout ce qui mérite de l’être d’une ampleur telle que l’avenir y apparaît incertain, voire imprévisible. Quel prix ces peuples devront-ils payer encore pour que leurs idéaux se traduisent dans leur quotidien par des acquis réels, des avancées sur la voie des rêves légitimes qu’ils nourrissaient sous l’empire de la terreur ?

Au-delà de responsabilité historique de ceux qui se sont rendus coupables de conduire leur pays vers l’impasse, se pose désormais, et dans l’urgence, la question de l’avenir immédiat de peuples se retrouvant dans des situations inédites.  Sortir d’un chaos pour se retrouver pris au piège d’un nouveau chaos serait terrible.

Observer ce qui se passe et en tirer les enseignements dans l’urgence auraient au moins une double vertu. Faire comprendre tout d’abord aux états qui continueraient de se complaire dans des systèmes qui tournent le dos à l’avenir que, les mêmes causes produisant généralement les mêmes effets, de continuer d’agir comme si de rien n’était leur serait purement et simplement fatal. Mais aussi, et surtout, trouver les outils à même de permettre aux états qui ont fait leurs révolutions de retrouver la sérénité, la paix et la concorde social.  

Protester pour protester ne peut être, in fine, qu’un pis aller s’il ne reste plus d’institutions pour reconstruire ce qui a lieu de l’être. En cela, la « protestocratie » ne peut pas constituer un modèle viable.




Le visage humain du mal

1022012

Profil du mal incarné

La double personnalité et l’extrême hypocrisie

Le double langage

Le mensonge

L’égoïsme et l’avarice

L’égocentrisme, le narcissisme, l’hypertrophie du moi et l’extraversion

Le respect des riches et Le mépris des pauvres

L’ignorance

L’absence de modestie

L’extrême méchanceté et la capacité de nuisance

Le parasite improductif

La manipulation

La perversion

La philosophie du mal incarné en quelques citations

« J’ai un sac Vuitton, donc je suis »

« Je roule en BMW, donc j’existe » 

« Je porte le nom de telle famille prestigieuse, alors du vent… »

« Je n’ai toujours utilisé que du CHANEL n°5 »

« Tout ce que j’ai vécu de meilleur, je l’ai vécu grâce aux miens et par mes propres moyens »

« La qualité d’un homme se mesure à sa capacité à dépenser pour moi »

« Les belles phrases et les meilleures promesses ne nourrissent pas leur monde, il ne peut donc être question que de monnaie sonnante et trébuchante »

« J’ai mes entrées partout où cela peut-être utile »

« Après moi le déluge »

« Dieu et la justice divine, j’en fais mon affaire »

 

 




Alerte aux narcissiques

24012012

Le narcissisme désigne l’amour qu’une personne ressent pour elle-même, ce qui est normalement sain et signe d’une bonne santé pour une personne équilibrée. Cependant, lorsque cet amour envers soi devient un investissement fermé et figé, il provoque chez la personne une tendance à interpréter la réalité en fonction de sa propre personne. En psychologie, le narcissisme est considéré comme une fixation sur soi-même. La personne vivant avec un trouble de la personnalité narcissique est très centrée sur elle-même et a constamment besoin d’être le centre d’attention des autres. Les symptômes de ce trouble sont :

  • Manque d’empathie en ce sens que la personne narcissique n’est pas disposée à reconnaître les besoins et les sentiments des autres 
  • Elle exige de l’admiration excessive de la part des autres
  • Elle vit dans une bulle faite de fantasmes de succès et de puissance illimités
  • Elle est arrogante, hautaine et pense être spéciale et unique. Elle pense ne pouvoir être admise ou comprise que par des institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau. Elle se croit supérieure aux autres.
  • Elle exploite les autres dans ses relations interpersonnelles et les utilise pour parvenir à ses fins
  • Elle envie souvent les autres et croit que les autres l’envient
  • Elle adopte systématiquement des gestes théâtraux et une attitude grandiose et fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants et hautains.

Les personnes atteintes de ce type de troubles sont de véritables armes de destruction massive pour leur environnement humain immédiat. Il va sans dire que ce trouble n’a pas de sexe et que les pervers narcissiques se recrutent autant chez les hommes que chez les femmes.




Le trou noir

28102011

Il est des périodes dans la vie où la violence des évènements qui vous frappent vous laissent sans voix. Votre énergie est toute confisquée. Pas la moindre ressource pour s’arrêter sur une idée, pour aligner deux phrases. Alors, le silence s’installe. 




Le monde est devenu fou. Au secours, les poètes …

5042011

Un brin de poésie…les bruits de bottes, les drames et la misère qui frappent une partie du monde, souvent par la faute de l’autre partie du monde, m’exaspèrent. Aujourd’hui, je voudrais être autiste et ne me rendre compte de rien de ce tout qui se passe autour de moi. J’ai la nostalgie du temps où les poètes étaient rois, magiciens faiseurs de rêves.   Entre lire un poème portant en lui la quintescence de la beauté des âmes et regarder, hagard, ces chaînes satellitaires spécialisées dans la diffusion en boucle de tout ce que l’humanité peut produire de pire, mon choix est vite fait.  Bien triste humanité.

Demain, dès l’aube…

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.