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Leçon de vie

19032007

Années 1940…rue des Consuls à Rabat, du côté des marchands de tissu et de Hammam Es-Souk. Tous les matins, les boutiques ouvraient leur porte les unes après les autres…sans la moindre précipitation. Les commerçants n’étaient pas encore atteints par cette frénésie du gain qui depuis lors, a rongé nos valeurs. Avant d’attacher de l’importance à leur commerce, ils s’attachaient à soigner la qualité de leur vie. Des plaisirs simples mais combien intenses suffisaient à leur donner infiniment de bonheur…la prière dans la mosquée du quartier à l’appel du muezzin, les réunions de famille, le thé partagé avec les amis, les sorties du côté de Chellah ou du jardin des Oudayas, la traversée en barque vers Salé…

Les commerçants n’étaient pas assaillis par la clientèle. Bien au contraire, les clients étaient si rares qu’il pouvait se passer une journée sans qu’un seul de ces vaillants commerçants ne vende la moindre pièce de tissu ni le moindre « tarbouch ». Les gens étaient d’humble condition. Les affaires ne reprenaient que les veilles de fête lorsqu’il fallait renouveler les habits pour rendre visite aux proches et pour introduire de la joie dans le coeur des enfants.

Rue des Consuls…Un jour…Un matin, après la traditionnelle ouverture des boutiques, un commerçant reçoit un client. Ce dernier fit alors son choix. Après les marchandages d’usage, le prix fut arrêté et notre commerçant emballa la précieuse étoffe avant de recevoir des mains de son visiteur la somme convenue. 

Une heure plus tard…un second client se présente, cette même matinée. Pour faire ses amplettes, et par le plus grand des hasards, il se retrouva nez à nez avec le même commerçant. Celui là même qui avait déjà réalisé une vente. Et bien savez-vous quelle fut la réaction de ce dernier ?

Elle fut toute simple et déconcertante si on la rapporte au contexte actuel. Poliment, et après avoir indiqué à son visiteur que, pour sa part, il avait déjà fait affaire et qu’il en rendait grâce à Dieu, il l’invita à se tourner vers l’un de ses collègues et voisins pour lui donner l’occasion, à son tour, de réaliser sa première vente et lui donner la possibilité de faire recette, ce dont il avait tout autant besoin pour faire face à son humble quotidien. Ce que le client fit.

N’est-ce pas là une belle leçon de générosité que nos anciens nous donnent ?  Je tiens ce fait réél de mon père, paix à son âme. 







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