Mamora en péril

30042007

La forêt de la Mamora qui s’étendait au début du siècle dernier sur une superficie de plus de 120.000 hectares, a vu, depuis, son étendue se réduire de plus de moitié. Les chênes-liège qui continuent de peupler la forêt présentent, en plus, une bien triste mine. Souvent, lorsqu’ils disparaissent, les chênes cèdent leur place à de nouvelles variétés d’arbres. Les acacias et les eucalyptus ont ainsi fait une apparition remarquable, faisant perdre à la Mamora son titre de plus grande forêt de chêne-liège d’un seul tenant au monde.

La catastrophe écologique qui se profle est-elle pour autant une fatalité ? Assurément, la réponse à cette question est non. Les raisons de la dégradation de la forêt sont connues de tous et depuis longtemps. Et les actions à mener pour mettre un terme au phénomène sont également connues. Reste la volonté de mettre en mouvement un plan de sauvetage.

Pour son malheur, il se trouve que le gland issu des chênes de la Mamora est un gland doux, par conséquent comestible. Il est prisé par nombre de consommateurs. Tout le monde a vu ces vendeurs au bord de la route, voire dans les marchés en ville, proposer à la vente les glands récupérés dans la fôret, parfois à coup de violents jets de pierre, lorsqu’ils sont haut hissés sur les arbres. Il paraît même qu’une partie de la récolte est exportée vers l’Espagne où l’on se sert du gland comme aliment de bétail pour le porc. Or, ce que l’on oublie souvent, c’est que le gland est la semence qui fera le jeune nouveau chêne. Un gland que l’on ne laisse pas germer est un chêne à qui l’on ôte la possibilité de naître.

Tout une population tire également sa subsistance de la fôret. Il n’est en effet pas rare d’y croiser de nombreux bergers conduisant leurs troupeaux. Or, tout le monde sait que le surpaturage entraîne un tassement des sols, défavorable à la germination des glands, lorsque ceux-ci ont la chance d’échapper au ramassage pour être vendus. Le bois est également ramassé par ceux qui vivent de la forêt. Il est utilisé pour le chauffage domestique comme il est acheminé vers les agglomérations environnantes pour y être vendu. Il est ainsi une source de revenu complémentaire.

Autant d’agressions qui doivent nous inciter à la reflexion…surtout lorsqu’on sait que le chêne-liège, présent en Méditerranée depuis plus de 60 millions d’années, peut vivre entre 300 et 500 ans. Des chiffres qui donnent le vertige et dont la symbolique est extrêment forte. Le chêne-liège est un véritable lien entre les générations aussi.

Les raisons de la dégradation de la Mamora sont là. Les mesures qui pourraient la sauver sont simples. J’en retiendrai deux. La première relève de la responsabilité individuelle. Pour ma part, je n’achète jamais de glands. Si le gland perdait sa valeur marchande, plus personne n’irait le ramasser. Il pourrait alors tranquillement germer. La seconde relève de l’action collective. Il est en effet urgent de donner à ceux qui tirent actuellement leur subsistance de ces agressions permanentes des sources de revenu alternatives.

Une fois ces mesures mises en place, il conviendra alors de réprimer avec la plus grande sévèrité ceux qui, malgré l’aide fournie pour leur reconversion, continueront de travailler à la disparition de ce joyau de notre patrimoine forestier.  




Chasse aux économies

27042007

Il y a quelques années, Abderrahman Youssoufi, alors Premier ministre, décidait de mettre un terme aux abus constatés dans la gestion du parc automobile de l’Etat. La décision était sage tellement les dérapages étaient devenus choquants pour une grande partie de l’opinion publique. Une vaste opération de vente des véhicules de service alors en circulation fit suite à cette décision. Dans le même temps, une indemnité compensatrice mensuelle fut consentie au profit de certaines catégories de responsables des administrations. Cette indemnité continue d’être servie aujourd’hui encore.

Or, depuis quelques mois, en circulant un peu partout à travers le pays, on croise à nouveau de plus en plus de voitures de services… des voitures de services de toutes gammes allant de la Logan à la Mercedes, en passant par d’imposants 4.4.

La question est maintenant de savoir si ces nouvelles acquistions sont motivées par des raisons objectives liées au fonctionnement normal des services publiques. Nul ne s’offusquerait en effet de voir renforcer les moyens des hôpitaux en ambulances, ceux de la protection civile en véhicules de secours divers ou ceux de la police en véhicules d’intervention.

La resurgence de certaines images que l’on croyait à tout jamais révolues n’est pas pour rassurer : voitures utilisées pour aller faire le marché le week end, voitures à l’entrée des écoles pour faire du ramassage scolaire…En principe, les impôts payés par les contribuables n’ont pas cette vocation. En attendant d’y voir plus clair, espérons que les attributaires de ces nouveaux véhicules ne cumulent pas, en plus, cet avantage qui était appelé à disparaître avec l’indemnité compensatrice de perte du véhicule qui leur était attribué auparavant. Ce serait stupéfiant. Le beurre et l’argent du beurre…Kafka ressuscité.

Pour ceux qui l’auraient oublié, une voiture c’est un coût d’acquisition, la souscription d’un contrat d’assurance annuel, du carburant, de l’entretien et, faut-il le rappeler, des réparations parfois coûteuses.  Autant dire pas mal de sous. Autant de sous qui pourraient servir à atténuer bien des difficultés… s’ils étaient utlisés autrement et ailleurs.




Salon de l’agriculture de Meknès (suite)

26042007

J’ai fini par le visiter, ce fameux Salon de l’Agriculture de Meknès. J’en suis néanmoins reparti avec une légère amertume.  Mais enfin, mettons cela sur le compte de la jeunesse de la manifestation. Le bébé n’a que deux ans. Il est donc pardonné. Par contre, il le sera de moins en moins avec l’âge. En guise d’humble contribution, je voudrais faire quelques recommandations pour sa prochaine édition :

1/ Il faudrait mettre à la disposition des visiteurs un plan du Salon et des différents stands qui y exposent. Personnellement, j’ai désespérement cherché, sans le trouver, le stand de l’INAV. Je devais y retrouver des amis. Je ne les ai finalement pas vu. J’ai trouvé cela bien dommage.

2/ Un bon Salon est un Salon où l’on boit et où l’on mange. On y déguste des spécialités du terroir et des produits venus d’ailleurs. A Meknès, c’était plutôt la dèche. Que des photos. C’est plutôt frustrant, non ? Rien à se mettre sous la dent… que des clopinettes.

3/ Avec des amis, je me suis arrêté devant quelques stands pour tenter d’y récupérer des prospectus. Réponse : pas de prospectus. Que des explications verbales, si vous voulez bien attendre votre tour. 

Messieurs les organisateurs, à bon entendeur, salut.




Descartes, je peux te poser une question s’il te plaît ?

25042007

Dis-moi, Descartes, si tu m’entends, bien sûr … si, d’une part, Ségolène Royal se dit prête à composer avec François Bayrou et qu’elle se dit même disposée à intégrer des ministres UDF dans son futur gouvernement…et que, d’autre part, Nicolas Sarkozy affirme n’avoir aucune réticence à donner aux idées que défend François Bayrou toute leur place s’il était élu président…alors, est-ce à dire par pure et stricte déduction mathématique que l’idée d’une alliance Ségolène Royal-Nicolas SARKOZY ne serait pas farfelue ?

Si je te pose cette question, c’est que je n’ai jamais brillé en maths. Merci de me répondre, Descartes.

Mathématiques mises à part, je m’en vais voir maintenant ce que pensent de cette troublante situation les défenseurs de la morale en politique.




Présidentielles françaises : quelle innovation ?

23042007

Paris, 22 avril 2007, 20 heures. Les premières estimations des résultats du premier tour des élections présidentielles tombent. Au deuxième tour, Ségolène Royal affrontera Nicolas Sarkozy. Le bon vieux clivage gauche-droite semble encore avoir de beaux jours devant lui. Quoiqu’il advienne dans 15 jours, la cinquième république poursuivra donc son petit bonhomme de chemin. Un coup à droite, un coup à gauche, un coup de cohabitation…

Les résultats des élections d’hier m’inspirent deux réactions.

Il y a désormais une sorte de prédetermination du résultat de l’élection présidentielle. La pratique prolongée des institutions de la cinquième république semble avoir produit un modèle politique dont la reproduction est assurée indépendamment de la volonté consciente des électeurs. La culture politique et la pratique issues de la constitution de 1958 semblent avoir développé chez les citoyens français une espèce de réflexe, au sens pavlovien du terme, qui fait que la seule alternative envisagée se trouve entre la gauche et la droite traditionnelles. C’est comme si désormais le système pouvait se mettre en place de manière autonome, sans être véritablement le produit d’un choix.

Cette situation doit, partiellement au moins, trahir une faillite relative de la pensée politique. Cette pensée est en effet restée figée au point que l’imagination a cédé la place à la routine. La critique est confinée dans un espace limité au cadre historique et l’absence de perspective transcendant ce cadre étroit débouche sur une vision appauvrie  de l’idée que l’on pourrait se faire d’un système politique moderne, prenant en charge les diverses évolutions de l’humanité.

Certes, la capacité de transcender le cadre actuel et de se projeter dans un cadre qui reste à définir n’est pas chose aisée. Les intellectuels et les hommes politiques indépendants, s’il en existe, sont seuls capables de se prêter à cet exercice. Le système a près de 50 ans d’existence. Il offre suffisamment de recul pour que l’on puisse identifier ses points forts comme ses limites.  Partant ensuite du système des valeurs qui fondent la communauté, et dans l’intérêt des membres de cette communauté, il est alors possible de dessiner les contours d’un système politique innovant, répondant mieux aux attentes des citoyens.

Car après tout, ne nous a-t-on pas toujours expliqué que la démocratie était le « moins pire des systèmes »… de là à en déduire que la démocratie ne constitue ni le système idéal ni l’aboutissement ultime des expériences d’organisation sociale vécues par l’humanité, le pas est vite franchie. La voie de l’exégèse reste donc ouverte. Le progrès n’est pas exclu et la pensée n’est pas condamner à rester figée. Mais, à côté, rien ne se passe.

Je n’ose donc pas imaginer que cette opposition au changement dans la culture politique, même démocratique, est le fruit de la volonté cynique d’une minorité, dont l’action politique constitue un véritable fonds de commerce, de préserver ses avantages.

Dans un tel contexte, je m’incline une fois encore devant la leçon de modernisme politique qu’a récemment donné au monde  la Mauritanie. L’histoire retiendra certainement de la transition démocratique, dans ce pays, son caractère éminemment innovant.

En France, au contraire, quelque soit le résultat du second tour des présidentielles…ce sera blanc bonnet et bonnet blanc…deux mêmes pièces de théâtre jouées par deux troupes différentes…   

 







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