Du blogocentrisme comme du nombrilisme…

30052007

Le branle-bas de combat suscité chez un grand nombre de blogueurs par la suspension des services de « You Tube » m’a purement et simplement sidéré. Le déchaînement de propos haineux qui l’a accompagné et l’utilisation massive de l’invective n’ont eu d’égal que l’opportunisme dont ont fait preuve certains pour s’ériger en gardiens « blogossionnelle » de la liberté et porte-drapeaux pathétiques des ennemis de la censure.

Or, je lis aujourd’hui dans le communiqué rendu public par l’opérateur marocain que l’interruption n’avait, en réalité, pour raisons que de simples difficultés techniques. Si tel est véritablement le cas, la précipitation avec laquelle de nombreux blogueurs se sont rués sur le sujet trahit une grande immaturité et, au-delà, une tendance facheuse à l’exploitation du moindre fait d’actualité pour s’adonner à un sport favori…le dénigrement systématique des faits, les plus anodins soient-ils.

Personnellement, je n’ai pas vu les documents qui sont à l’origine de la polémique. Et ce qui a été écrit, ici et là, à ce propos m’a définitivement ôté l’envie de le faire.

Il y a tant de choses plus importantes et tant de défis à relever. Les prévisions de croissance de l’économie nationale pour 2007 ne sont pas optimistes. Voilà une question qui m’importe plus et j’aurais tant aimé que nous autres, acteurs de ce pays, nous posions la question de savoir comment participer concrètement au développement et comment, à travers cet effort, participer à l’atténuation des difficultés qui frappent les plus fragiles d’entre nous.

En cours de chimie, on nous a appris que « rien ne se perd, rien ne se crée…tout se transforme ». En somme, toute énergie dépensée dans des actions futiles et ne présentant qu’un intérêt secondaire  est une énergie qui n’aura pas été mise au service d’actions constructives.

J’aurais souhaité que la blogosphère manifeste plus de soutien à la candidature de Tanger pour l’organisation de l’expo 2012, qu’elle reconnaisse que le Maroc est en train de réaliser des progrès énormes et dans tous les domaines. J’aurais souhaité que la blogosphère n’ait pas une vision sélective de la situation, préférant disséquer à la loupe ce qui ne va pas et choisissant délibérément d’ignorer tout ce qui peut être, au contraire, source d’espérance.

La bonne foi a un prix, celui de l’objectivité. Non point qu’il faille crier que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes…mais ne pas pour autant oublier de rendre à César ce qui lui appartient. Notre pays n’a pas besoin de stars. Il a besoin que l’on se mette à son chevet pour l’aider à recouvrer toutes ses forces. La passion de l’intérêt commun doit primer. Les attitudes égoïstes doivent au contraire être bannies…du moins pour le moment. Trève donc de blogocentrisme. N’est pas Zola qui veut pour lancer un pathétique « J’accuse… ». Là, le cri était authentique et arraché du fond du coeur.

J’oubliai…c’est vrai que la notion de censure est complètement étrangère à la blogosphère. Le fait de subordonner la publication d’un commentaire à l’autorisation préalable du propriétaire du site n’a en effet rien à voir avec un acte de censure. Comment pourrait-on imaginer le contraire? Finalement, tout cela me rend profondément triste quelque part. 




Maroc au gré des lettres de l’alphabet (G et H)

25052007

G comme Gastronomie marocaine

Menu du jour

Au petit déjeuner

Hrira, bessara (qu’on appelle aussi velouté de fèves pour les âmes sensibles) tête de mouton cuite à la vapeur (dans ce cas, il n’y a acune possibilité de substitut pour les âmes sensibles), baghrir, mlaoui, mssemen et razzate el kadi, le tout arrosé d’un bon verre de thé au safran ( spécialité de Taliouine, région de production du safran, entre Taznakht et Taroudant)…un pur délice.

Au déjeuner

Salade katkouta, caviar d’aubergine, artichauds cuits à l’eau, pastillas aux fruits de mer, tagine de poulet aux olives et aux citrons, tagine de viande aux pruneaux confits, cervelle de boeuf mqellia  et couscous aux sept légumes.

Au dîner

Chorba de légumes, épaule d’agneau cuite à la vapeur, tagine de pigeonneaux aux oignons et amandes et tanjia de pieds d’agneaux aux raisins secs.

Bon appétit

Ceci n’est qu’un échantillon du patrimoine gastronomique national mais j’espère que l’échantillon suffira pour faire titiller vos papilles de gourmets. Il est dit que la cuisine marocaine est la deuxième cuisine la plus appréciée au monde après la cuisine asiatique. Super, non?

H comme Herragas

Hier encore je voyais dans un reportage consacré aux immigrés clandestins établis dans la région d’Alméria en Espagne combien ceux de nos compatriotes qui ont choisi cette forme d’exil se retrouvent dans des situations de profond désespoir. Ils travaillent sous serre à des températures supérieurs à 45 degrés pour une misère. Ils sont logés dans des taudis de plastiques, n’ont pas accès à l’eau potable et se retrouvent le plus souvent entassés à plusieurs dans des espaces exigus. Beaucoup reconnaissent qu’ils avaient de biens meilleures conditions de vie quand ils étaient parmi les leurs. Mais le plus grave est qu’ils sont l’objet d’agressions racistes permanentes. Un de ces exploitants de serres de la région les a ouvertement traité de « porcs » dans le reportage. Dans leur malheur, ils n’oublient pas que beaucoup d’entre ceux qui les ont accompagné dans leur traversée du détroit y ont laissé leur vie. Que dire alors de tout cela et que faire? Tout simplement se recueillir pour le repos de ceux qui ne sont plus de ce monde et espérer que les raisons qui poussent tant de jeunes tous les jours à tenter de rejoindre les côtes européennes au péril de leur vie soient vidées de leur sens.




Maroc au gré des lettres de l’alphabet (E et F)

23052007

E comme Espoir

L’espoir est un moteur. L’absence de perspectives est au contraire un frein. Mais pour produire ses effets, l’espoir doit être mesuré. Il doit être raisonnable. L’espoir doit être nourri par la conviction que ceux qui font office d’éclaireurs, ceux-là dont la mission est d’ouvrir la voie, le font de façon pertinente. Entre deux chemins, ceux-là doivent savoir repérer le chemin le plus court. L’espoir, c’est avoir l’assurance que tout est fait pour que demain ne ressemble pas à aujourd’hui…que demain sera meilleur. L’espoir, c’est oeuvrer pour que le bonheur des enfants de ce pays se lise dans leurs yeux, que ce bonheur ne laisse aucun doute. En cela, les adultes doivent assumer le devoir de penser à ceux qui resteront lorsque eux seront partis. La légitimité de l’espoir est à ce prix.

 

F comme Fantasia

Le Maroc est un pays où les chevaux sont rois. La cavalerie et l’élevage des chevaux sont de biens vieilles traditions chez nous. Assister sous une tente, un bon verre de thé à la menthe entre les mains, à ces chevauchées propres aux cavaliers venus des quatre coins de notre pays procure un réél bonheur. Outre l’immense fierté qui se dégage de leur visage quand ils engagent leurs courses effrénées, on ressent chez ces cavaliers une indicible et farouche volonté d’incarner le courage. Les Haras du Maroc regorgent de superbes étalons et mériteraient d’être davantage découverts par nos concitoyens. Et puis le cheval est quelque part le seul animal qui pourrait inspirer l’homme. Sa grâce et son élégance, sa patience et son intelligence, sa tranquillité aussi sont des vertus qui pourraient en inspirer plus d’un. 




Maroc au gré des lettres de l’alphabet (C et D)

23052007

C comme Casablanca

Casablanca est la ville marocaine qui donne le ton. Son dynamisme est impressionnant. Elle draine plus de la moitié des investissements industriels du Royaume et contribue dans les mêmes proportions aux recettes fiscales drainées par les guichets du Trésor Public. A Casablanca, il fait bon vivre aussi. Se promener sur la corniche de Aïn Diab, le visage caressé par la brise, est un véritable plaisir. Manger dans un de ces superbes restaurants qui font la réputation gastronomique de la ville laisse un souvenir imperissable. Le seul problème de Casablanca, c’est qu’elle fait parfois, sans le vouloir me diriez-vous, de l’ombre aux autres régions du Maroc. D’une certaine manière, elle est l’illustration de l’echec relatif de la politique national d’aménagement du territoire. Il serait donc temps de penser une politique qui inciterait les investisseurs à se tourner vers d’autres régions que celle du centre. J’ai à ce sujet une tendre pensée pour la région du Tafilalet et les populations qui y vivent. Y investir et contribuer à y créer des emplois, c’est participer à la réduction des disparités régionales et donner leurs chances à tous sans distinction de région d’accueil.  

D comme Défis

Pour entrer dans la modernité, le Maroc doit relever plusieurs défis. Dans l’agenda de ces défis, il y a tout d’abord les élections de septembre. Gageons que ce sera là l’occasion que notre pays saisira pour afficher définitivement l’image de sa maturité politique. Time is money, disent les anglo-saxons. Il n’y a donc plus de temps à perdre et toute erreur serait fatale. Notre pays doit aussi se préparer à affronter le dur contexte d’une compétition internationale exacerbée. Pour cela, il doit d’ores et déjà se donner les moyens de mener une bataille qui s’annonce impitoyable pour ceux qui ne s’y seront pas préparés. Deux exigences pour réussir ce pari : une feuille de route qui balise le chemin à parcourir et des acteurs citoyens mobilisés pour la réussite du projet de développement national. A plus long terme, il convient de relever le défi de l’éducation. A l’ère de l’économie du savoir, il serait bon que nos jeunes portent massivement la marque de l’excellence. Lorsque vous plantez un caroubier, vous devez attendre plus de dix ans avant d’en récolter les premiers fruits. Ce délai n’a jamais été décourageant pour les arboriculteurs qui en font la culture. Ils savent qu’après la longue attente, il y a l’immense satisfaction. La leçon du caroubier doit donc nous inspirer.    




Maroc au gré des lettres de l’alphabet (A et B)

23052007

A comme Agadir

Agadir est l’une des destinations touristiques les plus prisées du monde. Les gens apprécient Agadir pour diverses raisons. Sa plage est magnifique et l’arrière pays tout aussi riche de merveilles historiques et naturelles. Tiznit et ses artisans bijoutiers qui travaillent si finement l’argent, Tafraout et ses amandiers en fleurs, Taroudant et ses oliviers centenaires…Taroudant et sa fameuse « Gazelle d’Or » si chère à tant de stars mondiales et où Jacques Chirac, parmi d’autres, a pris l’habitude de se ressourcer. Pour ma part, quand je pense à Agadir, ma pensée va instantanément aux populations du Souss. Ces populations me font rêver. Leur sens de la responsabilité est exceptionnel. Il n’a d’égal que la solidarité dont les plus chanceux font preuve à l’adresse de ceux qui le sont moins. Rien n’y échappe, les associations participent au désenclavement des villages où ils sont nés en allant jusqu’à prendre en charge la réalisation des routes. Quand je pense à Agadir, une chose m’attriste néanmoins, c’est le peu de ménagement que l’on a eu pour la nappe phréatique d’une région si riche sur le plan agricole. Alors qu’il y a quelques années, il suffisait de se baisser quasiment pour aller chercher de l’eau, il paraît qu’aujourd’hui, il faut creuser sur des centaines de mètres pour satisfaire le même besoin.    

B comme Berrechid

Dans la mémoire collective des Marocains, Berrechid est réputée pour avoir abrité un asile psychiatrique qui recevait des personnes atteintes de troubles mentaux venant des quatre coins du Pays. Depuis, les établissements se sont multipliés dans d’autres villes du Maroc. Mais pour avoir été confronté à ce type de situation, je mes suis rendu compte que notre pays souffrait de lourdes carences dans le domaine de la psychiatrie et de la prise en charge des déficients mentaux. Manifestement, la capacité d’accueil des établissements spécialisés est incontestablement insuffisante pour recevoir ceux de nos compatriotes qui se trouvent dans des situations de profonde détresse. Lorsque l’on sait que certains de ces personnes souffrantes peuvent malheureusement constituer une menace pour elles-mêmes ou pour les autres, on imagine les conséquences qui pourraient découler d’un tel déficit. Ajouter à cela les coûts prohibitifs des médicaments habituellement prescrits et vous vous retrouvez face à une équation dont la résolution est d’une difficulté extrême. Les pouvoirs publics sont, bien entendu, appelés à se mobiliser sur cette question. Mais les moyens de l’Etat étant limités, la société civile, les associations et les organisations non gouvernementales devraient participer à l’atténuation des souffrances de ceux de nos compatriotes qui se trouvent dans une situation difficile. Ne pas oublier, enfin, que nul n’est malheureusement à l’abri d’une défaillance. La dépression n’est-elle pas la maladie du siècle?   







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