Pitié pour les enfants de Palestine

20062007

Ce matin, en écoutant les informations à la radio, j’ai cru rêver. Il semble que, depuis quelques jours, des Palestiniens fuient la bande de Gaza pour se réfugier en … Israël.

Décidément, je crois vraiment que je ne comprendrai jamais rien aux subtilités des relations politiques internationales. Je relève également que, comme par miracle, l’autorité palestienne est soudain devenue fréquentable. L’Occident est aux côtés de Mahmoud Abbas pour l’aider à faire échec au Hamas…pour l’aider à combattre ses propres frères.  L’approvisionnement en biens divers se fait tout d’un coup généreux à destination de la zone contrôlée par le Fatah. La manne financière est également actionnée et les fonds jusque là bloqués commencent à affluer. Cet élan soudain de générosité est pour le moins surprenant. Du côté de Gaza, en revanche, c’est un véritable embargo qui se met en place. Les stocks de produits de première nécessité disponibles ne couvriraient, tout au plus, qu’une dizaine de jours de besoins des populations.

Depuis le déclenchement de cette crise, les Palestiniens se déchirent. Ils s’entre-tuent aussi comme si le nombre de leurs frères morts dans le conflit sans fin qui les oppose à Israël n’était pas suffisant. C’est à croire que, pris au piège d’un excès de folie collective, ils auraient décidé d’achever le macabre travail entamé par les faucons israëliens en 1948.

Devant cette situation, je ne peux m’empêcher de faire un petit voyage dans le temps. Pendant la seconde guerre mondiale, les Allemands ont fait subir les pires atrocités au peuple juif. Ces atrocités ont revêtu plusieurs formes, la plus abominable étant l’extermination pure et simple. Pour ma part, j’ai été particulièrement frappé par le parti pris par certains scientifiques et chercheurs allemands pendant la guerre. Pour « faire avancer la science », ils n’ont pas hésité à se servir de cobayes humains. Une image m’a personnellement marqué…celle d’une mère juive et de son bébé, enfermés dans une espèce de cellule sans fenêtre et insonorisée.  Maintenus affamés à dessein, les chercheurs voulurent tester la résistance de la mère aux nuisances sonores provoqués par les gémissements du bébé…puis par les cris stridents du bébé désormais rongé par la faim. Ces cris devinrent à un moment tellement insupportables que la mère mit fin à la vie de celui qu’elle mit au monde, quelques mois plus tôt, dans la candeur de l’amour.

Les Palestiniens qui ont soixante ans aujourd’hui n’ont jamais connu d’autres bruits que ceux des bombes et des sirènes des ambulances. Ils n’ont jamais connu d’autres images que celles de corps déchiquetés, de champs dévastés, d’écoles et d’hôpitaux détruits. Et les Palestiniens qui continuent de naître tous les jours ne connaissent pas un meilleur sort…dans l’indifférence de ceux qui détiennent le pouvoir réel de dénouer la crise, dans la détestable complaisance de ceux qui restent insensibles et sourds aux cris lancés par les jeunes enfants palestiniens.

Combien de temps encore le monde va-t-il assiter, passif, au malheur d’un peuple dont l’unique pêché est d’avoir accueilli, contre son gré certes, un peuple fuyant les affres du nazisme et ses horreurs ? Devons-nous donc attendre de le voir véritablement sombrer dans la névrose collective pour le voir accepter, le regard hagard et la vigilance réduite à sa plus simple expression par une prise massive de neuroleptiques, la solution que ceux qui tirent les ficelles auront la charité de lui offrir?

Je n’ose pas croire que derrière les bombes se cachent des armes autrement plus dévastatrices, des armes agissant insidieusement sur les consciences, des armes modifiant les comportements, des armes déterminant les comportements.

Mais au-delà de cette crainte, je n’ose pas croire qu’un peuple qui a connu les horreurs de la shoah, soit capable de faire du mal à des enfants, soient-ils palestiniens. Quand donc ces enfants innocents découvriront-ils, comme il est leur droit le plus naturel, le chant mélodieux des oiseaux et les joies d’une partie de cache-cache ?       




« Mon Dieu, gardez-moi de mes amis… »

13062007

Voltaire ne croyait pas si bien dire lorsqu’il lançait : « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ». Le 18 juin, quelque part dans la banlieue de New York, le Maroc entamera un premier round de négociations avec les représentants du Front Polisario. Ironie de l’histoire, des deux côtés de la table qui les réunira, il se trouvera parfois, représentés dans l’un et l’autre camp, des membres d’une seule et même famille.

Nos voisins algériens y auront consacré toute leur énergie. Ils auront tout investi et fait feu de tous bois pour nourrir la crise qui aurait pu, en d’autres circonstances, ne pas en être une. Leur obstination à refuser de reconnaître la légitimité historique de la position marocaine n’est pas prête d’être oubliée. Elle marquera sans aucun doute l’histoire de la région. Pour des raisons initialement idéologiques, devenues caduques avec la fin de la guerre froide, l’Algérie a commencé par brandir le sacro-saint droit des peuples à l’autodétermination pour justifier sa prise de position et son soutien actif au Polisario. Depuis, la chute du mur de Berlin n’y a rien fait et son soutien aux indépendantistes n’a pas faibli.  L’idéologie étant passée de mode, il convenait désormais de faire diversion tant la situation politique intérieure devenait chaotique. L’Algérie, sens dessus dessous, l’Algérie prise en otage par une armée de terroristes déterminés, l’Algérie ravagée par une corruption endémique, la solution était toute trouvée : l’instrumentalisation de la crise à des fins de politique intérieure.

On est donc bien loin du rêve maghrébin. Pendant que les peuples de la région rêvent de l’union, certains de leurs dirigeants sèment la discorde. Pendant qu’en Europe, l’espace de Schengen efface les frontières, de ce côté-ci de la méditerranée, on veut en créer de nouvelles. Le spectacle est affligeant. Cette inconséquence fait tourner le dos des Etats de la région à l’avenir. De ce côté-ci de la Méditerranée, il semble que le temps ne soit pas d’or…il n’est que de toc.

En politique, il existe deux catégories de responsables : les premiers, aveuglés par une mégalomanie démesurée, n’agissent que dans la mesure où l’action flatte leur égo et participe à la perpétuation de leur leadeship. Les seconds, visionnaires et généreux, n’entreprennent une action qu’après avoir acquis la conviction intime de son impact positif pour les générations à venir.

Depuis quelques années, l’action de l’Etat marocain s’inscrit dans cette seconde perspective. N’en déplaise aux critiques patentés, le Maroc est un immense chantier. Ports, autoroutes, villes nouvelles, stations touristiques, unités industrielles et bien d’autres projets encore sont en train de fleurir aux quatre coins du Royaume . Le Maroc est à la croisée des chemins. De l’avis des experts internationaux, il est un pays émergent qui offre plein de promesses. Dans ce contexte, les Marocains sont à l’ouvrage. Le dossier des Provinces du Sud du sud du Royaume n’est pas un sujet de consommation politicienne. La cause est acquise. La relation au sujet est véritablement d’ordre sentimental. La force de la conviction puise ses sources dans l’histoire contemporaine de la région. La marocanité de cette partie de notre pays va de soi dans le coeur des Marocains. Pourquoi donc en faire l’étalage puisque cela va de soi?

Malheureusement, il faut bien se rendre compte que l’histoire nous enseigne qu’une partie n’est jamais gagnée d’avance et cela, quelle que soit la légitimité de la cause défendue. Il faut au contraire agir dans toutes les formes susceptibles de constituer un  moyen de pression sur la manière dont les choses seront appelées à évoluer. Le silence paradoxale qui accompagne l’adhésion massive de nos concitoyens ne doit pas prêter à confusion. Il serait au contraire temps que la société civile fasse enfin entendre sa voix au monde pour crier tout haut ce qu’elle n’a jamais cessé de penser. Le moment est venu de donner au monde l’image que, derrière ceux qui représenteront notre pays aux négociations du 18 juin, le peuple tout entier est mobilisé. Il ne me viendrait personnellement pas à l’esprit que la solution finale au conflit sorte du cadre de la proposition élaborée par le Maroc.

Quel bien triste tableau que celui qui s’offre aujourd’hui à nos yeux…deux voisins, partageant une triple appartenance commune à la religion musulmane, à la nation arabe et au continent africain, contraints de faire appel à de lointains arbitres pour résoudre un conflit quasi-familial! C’est vraiment à n’y rien comprendre…

 




Du voyeurisme d’une certaine presse…

7062007

Un ami me racontait récemment combien, étudiant à Paris au début des années 80, il lui était difficile de faire preuve d’assiduité à la fac. Quotidiennement, pendant que ses camarades suivaient régulièrement leurs cours et prenaient notes, lui, alignait les petits boulots pour faire face à un quotidien pas toujours très facile. Cette année là, il préparait sa maîtrise de sciences politiques dans une université de la région parisienne. Personne n’aurait misé sur sa réussite. Cela était tout simplement impensable. Il était à l’université ce que l’éclipse est au ciel…un phénomène rare.

Non pas que sa volonté s’était volatilisée. Il connaissait son programme. Il avait acheté quelques manuels de base. Certains camarades lui faisaient des copies des notes prises pendant les cours magistraux. Mais tout cela était-il suffisant pour l’aider à solder ses comptes avec le second cycle de l’Université? 

Et bien figurez-vous qu’il finit par la décrocher, cette fameuse maîtrise, sans quasiment avoir jamais fréquenté les bancs des hamphithéâtres de son univesité.

Cet ami, si vous lui demandez aujourd’hui comment cela fut possible, il vous répondra que ses enseignements, il les a puisé dans les colonnes du quotidien LE MONDE, entre deux stations de métro. Du Monde essentiellement mais aussi de Libération et d’autres…mais du Monde surtout.

Plus qu’un journal, Le Monde était une institution, un guide…un phare qui aide à mieux repérer la côte lorsque les temps sont brumeux…et une école aussi. C’est à travers ses lectures que cet ami a apprivoisé les rudiments de la sociologie politique et du droit constitutionnel.

D’autres y ont puisé leur inspiration politique à l’occasion d’une échéance électorale. D’autres encore y ont attrapé la fibre écologique.

Un bon journal est un journal qui fait sienne cette ambition éthique. Un bon journal est aussi un journal qui vit, sous le signe de la responsabilité, dans la conviction qu’il est un acteur majeur de la dynamique d’émancipation de la société.

Tout cela pour dire que c’est de ce genre de presse que nous devons rêver… pas d’une presse paresseuse, passant le plus clair de son temps à surveiller par le trou des serrures ce qui se passe dans l’intimité des chaumières. Cette presse là présente le double inconvénient de n’intéresser que les voyeurs et de ne rien apporter au débat. Ce n’est pas ce qu’on y lit qui aidera nos étudiants à enrichir le champ de leur culture générale. Jamais personne n’a bâti l’avenir en faisant du ragot l’essentiel de son fonds de commerce.     

 







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