Ah, ce sacré Baudelaire…quel talent!

29082007

ENIVREZ-VOUS

Il faut être toujours ivre.

Tout est là : c’est l’unique question.

Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Baudelaire, Le Spleen de Paris

 

NB : Mais qui donc eut imaginé que la vertu pouvait aussi procurer l’ivresse ? Maintenant, si Baudelaire le dit, et si j’en avais les moyens, j’offrirais une tournée de vertu générale et j’inviterais les participants à en consommer sans modération. Sacré Baudelaire, va…




Des vertus pédagogiques de la mort inéluctable…

29082007

S’il est une chose pour laquelle, face à la Mort, je m’incline, c’est qu’elle ne fait aucune différence entre les hommes. Elle est là, fatale, et ne fait jamais de distinction. Que l’on soit blanc ou noir, chrétien, musulman ou juif, grand ou petit, riche comme crésus où clochard élisant domicile sous les ponts, elle ne fait aucune différence. A l’heure dite, elle passe, souveraine, pas une tête ne dépasse…Dans la position où l’on nous enterre, légèrement allongés sur le flanc, nous avons tous la même taille. La mort est ainsi le seul évènement social qui consacre véritablement l’égalité. Egalité de ceux que l’on enterre mais égalité aussi de ceux qui l’entourent dans ces derniers moments où la douleur est souvent intense.

A défaut de douleur sincère, il y a la gravité et la solennité qui entourent la cérémonie. Chacun alors se souvient que le toccin sonnera encore et toujours, que nul n’est éternel et que la vie, somme toute, ne vaut pas la peine que l’on s’y conduise comme si elle n’était pas appelée à prendre fin un jour…comme si le glas, un jour, ne sonnera pas.

J’ai toujours eu la conviction que si les hommes vivaient à chaque instant dans le souvenir de leur mort à venir, ils se conduiraient autrement qu’ils ne le font…je suis convaincu que la conscience de la relativité de l’existence rendraient les gens meilleurs. C’est en oubliant souvent que la mort est inéluctable que les hommes adoptent des comportements inhumains.

Driss Basri est mort. Même si son image marquera durablement les mémoires, le fait est qu’il n’est plus là…qu’il ne représente socialement donc plus rien et qu’il a perdu toute faculté de nuire ou de faire du bien. Cette fin qui nous guette tous ne devrait-elle pas, tous les jours et tous les instants,  nous rappeler que toute vanité est vaine et que tout sentiment de puissance n’est que le produit de cette ivresse éphémère que procure à certains la détention du pouvoir. 

Pour vivre bien, vivons donc comme si nous devions mourir demain dans le dessein de ceux dont l’espoir est de partir, le jour venu, animés de cette quiétude propre aux bienheureux qui tournent le dos à l’existence avec la conviction d’avoir rempli leur devoir.

 

 




Déchirures…

24082007

Les vacances touchent à leur fin. Un bonheur n’en est un que parce qu’il n’est pas durable. Les joies sont éphémères. Les peines et les chagrins sont malheureusement plus fréquents. Aujourd’hui, je veux penser à toutes celles et à tous ceux qui vivent loin de chez eux. Partis le plus souvent contre leur gré pour des raisons économiques, ceux-là ne se font jamais à leur statut d’éxilés contraints. Comment donc se passer, de longs mois durant, de tous ceux que l’on aime et de tous ces endroits qui forment le doux berceau original ? Heureusement qu’entre deux accès de nostalgie, il y a l’oubli, voire l’habitude si l’on veut bien suivre Jacques Brel. « On n’oublie rien de rien, on n’oublie rien, on s’habitue, c’est tout ». Mais à quel prix ? A n’en pas douter, le mal est indiscible. La tristesse est profonde. Les larmes finissent même par vous brûler les joues à force de couler.

L’image de la séparation est une image intenable. Ceux-là qui partent se tordent de douleur intérieure. Ceux-là qui restent également. Et il n’est pas un médicament pour soulager cette tristesse. Il ne leur reste qu’à se faire une raison. La cohabitation avec la douleur est la seule alternative.

Les images les plus sombres hantent les esprits. Tout le monde sera-t-il au rendez-vous lors des prochaines vacances ? Dieu prêtera-t-il longue vie à la maman, au papa, bref à tous ceux-là qu’on aime viscéralement…et que l’on laisse derrière soi ?

A travers ce papier, je veux dire toute ma tendresse à toutes celles et à tous ceux que la séparation annuelle rend profondément tristes. Qu’ils soient heureux et que Dieu exauce leurs voeux de revoir les leurs l’an prochain.







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