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la déferlante de l’information

27012009

Il y a tant de choses à dire et tant de sujets qui interpellent. L’évolution des moyens de communication aidant, l’information frise l’agression. Elle est harcelante, omniprésente, de tous les instants et de toutes les natures. Elle est parfois anodine, sans intérêt. Parfois encore, elle peut déchirer et faire profondément mal. Le malheur des autres n’est jamais facile à vivre. Lorsque, à la grandeur du malheur, on ne peut opposer que la toute aussi grande incapacité d’agir,  alors, avec le temps, on en vient à penser à quoi bon peut-il servir de se tenir informé ?  

Après avoir apprivoisé les regards et les pensées, l’information nourrit alors le voyeurisme. Les choses que l’on croyait terribles deviennent, par la force de la répétition, routinières, ordinaires, digestes. Le malheur ne retient plus l’attention. Il devient un simple fait divers. La cruauté des faits n’interpelle plus. L’information, insidieusement, tue la compassion. L’information n’est plus alors qu’un bien de consommation.

A quoi donc bon réfléchir dans un monde où, de plus en plus, la spontanéité semble de plus en plus relever d’un modèle de comportement de l’ordre de l’anthropologie…dans un monde où les comportements sont comme subliminalement imprimés par la force des images judicieusement choisies et la subtilité pernicieuse des éditoriaux.

Plus que les armes, l’information produit des effets redoutables sur les hommes. Elle les conditionne et les façonne de sorte que leur réactivité devienne prévisible. 

A quoi bon s’y intéresser ou s’y opposer. Elle est une machine infernale, une déferlante que rien n’arrête…une machine à façonner, implacablement, les esprits… un engin de chantier que rien ni personne ne peut arrêter. Même les intellectuels et les philosophes, jadis reconnus comme de véritables remparts contre les risques qui guettent les sociétés, ont cédé aux chants de cette foudroyante sirène. A quoi bon se plaindre. Il faut se résigner. Il faut juste attendre, impuissants, que le temps lui permette d’achever sa sinistre besogne.

A quoi bon s’informer et s’émouvoir, alors, lorsque l’on sait que les émotions ne peuvent, dans ce contexte, avoir aucune prise sur le temps ?

 




Les véritables victimes de la guerre de Gaza

15012009

Décidément, rien ne semble plus émouvoir Israél. Comme pris d’hystérie et de folie furieuse, l’état hébreux poursuit son offensive dans une guerre d’un genre nouveau. Rien n’y suffit, ni la barre du millier de morts qui a été franchi, ni les milliers de blessés, ni ces images d’enfants, de femmes et de vieillards, ni même l’indignation exprimée partout à travers le monde face à ce que d’aucuns qualifient de véritable boucherie. Cette bataille, prise dans sa seule dimension militaire, nul doute qu’Israél la gagnera. Quand dans un camp, les victimes se comptent sur les doigts d’une main et que dans l’autre elles se comptent par milliers, le vainqueur est aisément identifiable. Mais ce vainqueur là est d’un genre nouveau : il est un vainqueur dépourvu d’honneur et l’on sait combien même la guerre a ses règles d’honneur. Cela, l’histoire le dira. Elle le retiendra, n’en déplaise à ces intellectuels aveugles qui ont fait leur métier de l’art de tenter de défendre l’indéfendable.

L’histoire montrera également que le conflit qui oppose Palestiniens et Israéliens est à la croisée des chemins. Une rupture avec le passé est en train de s’opérer. Jamais auparavant, l’opinion publique internationale, ne se sera autant ému des conséquences d’un conflit qui dure pourtant depuis soixante ans. Jamais auparavant, les Etats n’ont réagi avec autant de fermeté. On peut se moquer de Chavez pour tourner au ridicule sa décision de renvoyer l’ambassadeur israélien mais le fait est là. On se moquera d’ailleurs moins de la Bolivie qui, pour sa part, a jugé bon de mettre un terme pur et simple à ses relations diplomatiques avec l’état hébreux. Les européens ne sont pas en reste. Derrière les lignes, empreintes de la  prudence contrainte que l’on peut déceler chaque fois qu’il s’agit d’Israél, commence à se dévoiler un sentiment de ras-le-bol. L’arrogance de l’état hébreux commence à insupporter de plus en plus. Il suffit de lire les principaux titres de la presse européenne pour s’en convaincre. Mais de qui donc se moque-t-on ? Combien même la raison invoquée de vouloir mettre un terme aux tirs de roquettes par le Hamas apparaîtrait légitime, l’ampleur des moyens utilisés pour la réalisation de cet objectif ne saurait être comprise. Mais il est vrai que certains membres du cabinet israélien prônent une forme de solution radicale pour Gaza. Le mot utilisé est si fort que je n’ose le reproduire.

La rupture est consommée. Les raisons en sont multiples. Il y a d’abord cette hécatombe dont les images satellitaires ont rendu toute l’horreur aux quatres coins de la planète. Il y a ensuite cette implication active, comme elle ne l’a jamais été, de quasiment toutes les chancelleries du monde. Il y a aussi un sondage du nouvel observateur qui m’a particulièrement frappé cette semaine. Les allemands, pour une part de 60 %, se disent ne pas se sentir concerné par les crimes commis par leurs aînés, de triste souvenir, durant la seconde guerre mondiale. L’histoire est ainsi faite que , tôt ou tard, le souvenir des évènements même les plus graves finit par s’estomper. Qui donc parmi les jeunes aujourd’hui se souvient des batailles du moyen âge et Dieu sait s’il y en eut et combien elles produirent de malheurs. Il y aussi cette crise économique mondiale qui fait que les Etats, Amérique en tête, devront revoir l’ordre de leurs priorités. Entre se donner les moyens d’atténuer les effets de la crise et continuer de fournir des aides militaires évaluées à plusieurs milliards de dollars, il faudra effectivement choisir. Il y a enfin ces graines de la haine qu’Israél sème, à travers cette guerre inégale, dans les coeurs des enfants de Palestine et d’ailleurs.

L’hystérie a rendu les gouvernants israéliens irresponsables. En préparant, de cette sinistre manière, un succès éphémère  aux prochaines élections, ces dirigeants oublient de se donner les moyens d’offrir une paix durable à leurs enfants, aux générations à venir d’enfants israéliens. La politique n’acquiert en principe ses lettres de noblesse qu’à ce prix. Agir autrement représente une véritable trahison du contrat politique liant un peuple à ses dirigeants. Mais tout cela est-il vraiment étonnant ? A bien réfléchir, j’en arrive à penser qu’il n’y rien de surprenant à déceler un tel sens de l’irresponsabilité. Assister, impassible et insensible, à l’agonie d’enfants, de femmes et de vieillards n’est pas un fait anodin. Seule, l’appartenace à une communauté désignée comme ennemi, ne peut justifier tant d’indifférence au malheur. Cette glaciale indifférence semble être le produit d’un trait de caractère. Et avec un tel caractère, on comprend mieux que les dirigeants de l’état hébreux puissent, même inconsciemment, réserver le même traitement à un enfant d’où qu’il vienne, qu’il soit palestinien ou israélien.  

 




Propos d’un pacifiste israélien sur les évènements de GAZA

8012009

« J’essaie en vain de donner du sens à tous les rapports, les photos et les vidéos qui m’arrivent de Gaza. Lorsque j’étais écolier dans une école publique israélienne, on nous a appris l’histoire d’Abraham, qui n’était pas d’accord avec la décision divine de détruire la ville de Sodom. Et Abraham a fait face au Seigneur … et a dit, « est-ce que tu détruirais les justes avec les méchants, même s’il n’y avait que 50 justes …et le Seigneur a dit, si je trouve en Sodom 50 justes, alors j’épargnerais toute la ville pour eux. » … Aujourd’hui, j’ai entendu aux nouvelles que seulement 50 innocents étaient tués dans cette attaque, et j’ai pensé : même si le nombre de civils tués était aussi bas (en fait il y en a bien plus), Dieu aurait épargné Gaza pour ces 50 innocents, mais pas Ehud Barak.  Il y a certainement plus que 50 hommes et femmes justes parmi les 1,5 millions de résidents de Gaza mais, ce qui est encore plus important, c’est qu’il y a 800 000 enfants à Gaza. Selon les journaux israéliens, il y avait de centaines de milliers d’écoliers en route à la maison et à l’école au début de l’attaque qui a duré 9 heures pendant laquelle plus que 100 tonnes de bombes ont été lâchées.  

Les élections en Israël arrivent en février, et le Ministre de
la Défense Ehud Barak, qui espère redevenir Premier Ministre, a envoyé les militaires sur la population civile de Gaza. Barak a l’honneur, bien équivoque, d’avoir reçu la plus haute reconnaissance en forme de médailles que l’Etat d’Israël puisse accorder à un soldat israélien. Avec lui, on peut être sûr que les israéliens et les palestiniens verront plus de violence encore et plus de pertes de vies innocentes. Avec des colonnes de tanks et des brigades d’infanterie prêtes à attaquer Gaza, déjà en petits morceaux, Barak a l’espoir de prouver qu’il est un candidat qui tient ses promesses. Mais, à la différence de l’histoire biblique, il n’y a personne qui s’oppose au Général Barak, personne pour plaider pour les vies de ne serait-ce que 50 justes, sans parler des 800 000 enfants.

 On a soulevé la question si oui ou non, l’attaque israélienne sur Gaza est disproportionnée à la menace encourue par Israël. La réponse n’est pas à chercher dans les chiffres, ni le nombre des missiles tirés, ni le nombres de morts qui sont vraiment du Hamas. La réponse vient de l’exhortation d’Abraham à Dieu (Genèse 18) : « Faire mourir le juste avec le méchant … loin de toi cette manière d’agir ! ». M.Peled, pacifiste israélien. 




Le rêve d’une démocratie mondiale à l’épreuve de la crise de Gaza

6012009

L’Etat israélien défie le monde. Sourd aux voix qui se lévent aux quatre coins de la planète, il continue de semer la terreur au sein d’une population, faut-il le rappeler, majoritairement civile. Vielliards, femmes et enfants perdent, par dizaines, la vie quotidiennement sans que cela ne semble émouvoir l’Etat hébreux. 

Le souvenir d’un chef d’oeuvre du cinéma me revient à l’esprit. « Le choix de Sophie » était le titre de ce film dont l’héroïne était Merryl Streep. Sur un quai de gare, les allemands entassent sauvagement dans des trains des juifs pour les acheminer vers un camp de concentration. Sophie faisait partie de ceux-là. Dans ses bras, ses deux enfants … un garçon et une fille. Lorsqu’un soldat allemand se dirigea vers elle pour lui retirer ses deux enfants, elle devint comme folle. Elle essaya alors, avec le peu de ressources physiques et psychologiques qu’elle conservait encore, de s’y opposer. Mais les larmes et les cris n’y ont pas suffi. Le soldat allemand était impitoyable. Avec un cynisme dont je n’oublierai jamais le visage, et alors que ses deux enfants, terrorisés et en pleurs s’agrippaient fortement à elle, le soldat allemand lui fit une cruelle proposition. Elle pouvait choisir lequel des deux continuerait de l’accompagner. A bout de force et désespérée, vidée de ses dernières ressources psychologiques, elle lui remit son fils, préférant, allez vous demander pourquoi, de conserver sa fille. 

Cette scène, je ne l’oublierais jamais … non point parce qu’il s’agit du malheur vécu par une famille juive mais parce qu’il n’est pas un être humain qui mérite qu’on le fasse souffrir.

Alors, que ceux-là même qui ont vécu ces atrocités semblent les oublier pour faire du mal aux enfants de Gaza aujourd’hui me consterne.  A moins que l’on me explique qu’un enfant palestinien vaut moins q’un autre, que les larmes  ne se ressentent pas de la même manière selon qu’elles jaillissent des yeux d’un palestinien ou de ceux d’un autre ?

Les puissants de ce monde sont finalement d’une cruauté que je n’aurais jamais imaginé. Leur incapacité à faire taire la poudre est une insulte à l’humanité. Les réunions du Conseil de Sécurité des Nations Unies sont simplement lamentables. No comment, dirait l’autre.

Quant aux peuples, ils se sont exprimés. De Londres à Los Angeles, de Djakarta à Istambul et de Paris à Sanaa, ils ont marqué leur réprobation. En larmes parfois, ils ont condamnés, impuissants de faire plus pour atténuer les souffrances de ces innocents qui tombent chaque jour sur un champ de bataille dont ils n’ont pas choisi d’être les acteurs. Ces peuples là, s’ils pouvaient aujourd’hui s’exprimer pour dicter l’issue de la crise, alors, sans l’ombre d’un doute, ils imposeraient la fin de la catastrophe, la fin de l’hécatombe. Rapporté à une population d’un millions et demi d’habitants, le nombre des victimes tombées sous les feux israéliens fait froid dans le dos. Faudra-il attendre qu’il n’en survive plus un seul pour s’en émouvoir ?

 

  







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