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Le dernier voyage de celui qui ne compta, aux yeux des autres, qu’à sa mort.

26012010

A pas lents et dans le recueillement, proches et amis accompagnent l’un des leurs à sa dernière demeure. Une profonde émotion se lit sur tous les visages. De modeste condition, celui-là qu’ils enterreront au bout de cette marche silencieuse, doit certainement rendre grâce à Dieu de l’avoir rappelé à lui.

Aujourd’hui, contrairement à tous les autres jours qui meublèrent son humble existence, il n’est pas à la peine. Il est en paix. Habitué à se réveiller aux aurores pour aligner, quotidiennement, des petits métiers plus durs les uns que les autres, il doit se retourner dans sa tombe à se retrouver là, dans son cercueil, allongé comme plongé dans un sommeil profond. Un sommeil si profond qu’il ne manquera certainement pas de lui faire oublier combien courtes furent ses nuits lorsqu’il était encore bien en jambe.

Ce dernier voyage, du reste, ne finira pas de l’étonner. A son passage, les automobilistes s’arrêtent. Ils en coupent même le moteur et quittent leur véhicule. Manière de rendre, à leur manière, debout et les mains croisées derrière le dos, un dernier hommage à celui qui, des voitures, ne connaissait surtout que la froideur de la tôle qu’il lui arrivait de laver à grande eau, avec quelques amis, pour se procurer de quoi couper une faim, louer un toit et aller au bain chaque fois que son modeste budget le lui permettait. Des voitures en tous cas, il ne connaissait pas le confort. Il l’imaginait seulement.

Ciel que la mort commence bien, devait-il se dire maintenant, se retournant une nouvelle fois dans sa tombe.

Voilà donc que ceux-là qui semblaient si indifférents à son existence et aux yeux desquels il semblait ne point compter se mettent, tout d’un coup et comme par enchantement, à lui manifester du respect. Car il faut bien dire que, de son vivant, des marques de respect, il n’en reçut que très peu, si peu même qu’il n’en retiendrait presque aucune.

Dernier rond point à traverser avant d’accéder au cimetière. Au passage du convoi funéraire, l’agent de police en faction se met au garde vous, presque aussi parfaitement qu’il ne le faisait à l’école de police sous l’oeil intransigeant de ses supérieurs.

Croisés quelques mètres plus loin, trois soldats en uniforme de retour de leur caserne se prétent au même cérémonial. Hommage on ne peut plus solennel, digne de ceux que l’on rend habituellement à des personnages autrement plus illustres. Un hommage à vous arracher des larmes. Un témoignage d’humanité comme l’on voudrait en voir quotidiennement. Le respect dans toute son authenticité, le respect dans toute sa générosité, le respect comme il doit tout simplement être … désintéressé.

Etrange humanité. Attendre que les gens disparaissent pour leur donner ce qu’ils auraient mériter de recevoir de leur vivant est véritablement étrange … surtout lorsque cela ne coûte rien … une simple marque de respect … La reconnaissance de l’existence de son voisin, au lieu de son ignorance.  




Argentier et zen attitude

18012010

La bataille est à son comble. La colombe, pourtant symbole du parti dont les militants s’entre-déchirent depuis des semaines maintenant, est pour le moins malmenée. La violence de la bataille est, au contraire de ce que représente symboliquement ce paisible volatile, à son paroxysme.

Et Dieu seul sait combien, à en croire ceux qui en ont la surprenante habitude, les batailles en politique sont d’une violence rare. Avancer en politique, c’est marcher, sans états d’âmes, et écarter, voire piétiner sans vergogne tout ceux qui tenteraient de contrarier la charge du prétendant à la relève.  

L’ironie de l’histoire fait que celui là qui devrait incessamment se faire éconduire, personnage de premier plan, a usé de la même méthode il y a quelques années seulement pour éconduire, lui aussi, son prédécesseur historique, s’appuyant alors sur quelques uns de ceux qui, à leur tour aujourd’hui, l’invitent à battre précipitamment en retraite.

Et pourquoi donc un tel branle-bas de combat ? Parce que le parti a besoin de se réformer, nous dit-on sans autre arguments, à se demander pourquoi maintenant … et pas hier ou demain. Sans autre argument. Un simple slogan. Comme s’il pouvait y aller de la politique comme de l’amour et que l’on pouvait renvoyer nos méninges à leurs quartiers en essayant de nous faire croire que la bataille qui se déroule sous nos yeux a ses raisons que la raison ne connaît pas. Or, en agissant de la sorte, c’est oublier rapidement qu’à la différence de l’amour qui est une affaire privée, la politique est un bien public dont nul ne saurait détenir le monopole.

Mener un combat dans le secret des arcanes d’un parti et ne compter, pour mener ce combat à son terme, que sur les seules ressources de ce même parti, en occultant, chemin faisant, d’en référer à l’opinion publique est de nature à heurter. Prétendre initier un mouvement de réforme et d’émancipation en ignorant d’inviter au débat celui qui, au stade ultime, sera le véritable arbitre peut s’avérer lourd de signification.

Ne s’agirait-il là que d’une simple erreur stratégique ? Ou bien serait-ce le fruit d’une précipitation dictée par le feu de l’action ? Ou bien encore, minimiserait-on tout simplemement et non moins cyniquement le rôle réél dévolu à ceux qui dans le secret des urnes, restent les seuls acteurs à même d’orienter les choix en dernier ressort ? Dans toutes les hypothèses, le spectacle laisse pantois. Venant de surcroît de ceux-là même qui demain pourraient prétendre à se voir confier des charges de premier plan, le spectacle pourrait même faire froid dans le dos. 

Ce n’est un secret pour personne. Le monde est au coeur d’une crise d’une ampleur inégalée. Au centre des acteurs gouvernementaux chargés de tenter d’en atténuer les effets se trouvent les grands argentiers de tous les pays du monde. Les ministres des finances sont à rude épreuve. Ils essaient de concocter la bonne recette. Ils se tuent à trouver la potion magique, celle-là qui permettra de faire redémarrer la machine, de relancer l’emploi et de réinjecter du revenu.

Comment comprendre alors que devant l’énorme difficulté de la tâche, il se trouve un grand argentier qui dispose de suffisamment de ressources pour mener deux batailles à la fois : celle de l’élaboration d’une recette pour permettre au pays de sortir de la crise et celle de conduire une bataille politique sans merci  pour prendre son siège à celui dont il a été l’un des principaux alliés lorsque celui-ci engagea, lui aussi, la même entreprise pour déstabiliser son prédecesseur. Entreprise titanesque digne des épopées empruntées à la mythologie grecque. Autant dire entreprise impossible sinon à accepter l’idée d’être défaillant sur un front, pour être mieux présent sur le second. Espérons en cela que le front de lutte contre les effets de la crise reste la priorité

J’oubliais. C’est vrai aussi qu’en temps de guerre, on en arrive parfois à oublier certaines questions autrement plus importantes sur le plan éthique, pour peu que cette dimension puisse demeurer au centre de l’activité politique. Un ministre est nommé de fraîche date. Il trouve asile au parti de la colombe. Il ne se passe pas quelques jours pour que cet invité surprise, sans attendre la fin des courses, opte pour un camp. Devinez lequel ? Celui de la réforme, pardi. C’est sûr que, dans ces conditions, le changement est en route. Il faut s’en frotter les mains d’enthousiasme.

 

 

 

 




Kafka et le budget

4012010

Il y a quelques années, le gouvernement décidait de mettre un terme aux abus constatés dans la gestion du parc automobile de l’Etat. Cette sage décision avait été suivie d’une vaste opération de vente des véhicules de service alors en circulation. Dans le même temps, une indemnité compensatrice mensuelle fut consentie au profit de certaines catégories de responsables des administrations. Cette indemnité continue d’être servie aujourd’hui encore.

Les années passant, l’administration semble avoir été frappé d’amnésie. Partout à travers le pays, le paysage que l’on croyait enterré à jamais s’offre à nouveau à notre regard. Le parc, insidieusement, se refait pléthorique. Un parc souvent choquant par la qualité des voitures souvent coûteuses que l’on voit circuler.

La resurgence d’images que l’on croyait à tout jamais révolues n’est pas pour rassurer : voitures utilisées pour aller faire le marché le week end, voitures à l’entrée des écoles pour faire du ramassage scolaire…En principe, les impôts payés par les contribuables n’ont pas cette vocation.

En temps de crise, le constat se fait encore plus affligeant tellement les attentes sont nombreuses et les difficultés souvent pressantes. Il reste à espérer que les « heureux » attributaires de ces véhicules flambants neufs  ne cumulent pas, en plus, cet avantage ressuscité avec l’indemnité compensatrice de perte du véhicule qui leur a été attribué il y a quelques années. Le contraire serait en effet stupéfiant. Le beurre et l’argent du beurre…Kafka ressuscité.

J’oubliai. Le grand argentier du gouvernement est actuellement à la tâche. Il est en pleine bataille pour une investiture à la tête du parti auquel il adhère.

Pour autant, cela justifie-t-il tout le reste ?







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